Guérir, c’est apprendre à avancer autrement (n°76)

Il y a bientôt deux ans, un accident a bouleversé ma vie et m’a conduite à une opération de l’épaule. A ce moment-là, je pensais que ce n’était qu’une étape difficile à traverser. Je me disais qu’après l’opération, avec un peu de patience et de rééducation, je pourrais simplement reprendre le cours normal de ma vie. Toutefois, les choses ne se sont pas passées comme je l’espérais. Très vite après l’opération, j’ai commencé la physiothérapie avec beaucoup d’espoir. Pourtant, au lieu de diminuer, les douleurs devenaient de plus en plus présentes, de plus en plus fortes. Le plus difficile, c’était que les douleurs ne se voyaient pas. Elles étaient invisibles aux yeux des autres. Lorsque la douleur ne se voit pas, elle est parfois difficile à comprendre. Peu à peu, j’ai eu l’impression de ne pas être vraiment entendue. Alors j’ai fait ce que beaucoup de personnes finissent par faire : j’ai appris à sourire malgré la douleur, à dire que tout allait bien et à avancer comme si de rien n’était. Avec le temps, j’ai même fini par me convaincre moi-même que je devais simplement accepter cette souffrance et continuer à vivre avec.

Puis un jour, je suis arrivée en ergothérapie. Au début, j’y suis allée avec beaucoup d’appréhension. Après tout ce que j’avais traversé, la confiance envers les soignant·es s’était fragilisée. Alors j’écoutais, je faisais ce qu’on me demandait et comme toujours, je gardais mon sourire en disant que tout allait bien. Cependant, cette fois, quelque chose était différent : les ergothérapeutes ont su voir au-delà des mots, au-delà du sourire. Avec beaucoup de bienveillance et de douceur, elles ont compris que derrière ce que je montrais se cachait quelque chose de plus profond.

J’ai dû apprendre aussi que les douleurs ne sont pas toujours seulement physiques. Elles sont parfois liées à des traumatismes que l’on porte en soi. Souvent, on essaie d’avancer en espérant oublier certaines choses douloureuses. On pense pouvoir les laisser derrière nous. Mais un jour, le corps en décide autrement. Il parle à sa manière, à travers la douleur.

Finalement, il est parfois plus simple de souffrir en silence que de se battre : se battre contre le corps médical ou simplement contre mes propres traumatismes. Grâce à Sandrine et à Florine, j’ai appris quelque chose de précieux : apprendre à dire « stop », apprendre à écouter les douleurs.

Peut-être que ma vie ne sera plus exactement comme avant. Mais j’apprends peu à peu à vivre avec mes cicatrices, qu’elles soient visibles ou invisibles. À accueillir les choses avec plus de douceur, de patience et de bienveillance envers moi-même. Aujourd’hui, je comprends que guérir ne signifie pas effacer ce qui est vécu. Guérir, c’est apprendre à avancer autrement, avec ses blessures, ses cicatrices et son histoire. Certaines cicatrices resteront peut-être toujours là. Mais elles ne sont plus seulement des marques de douleur. Elles sont aussi le symbole du chemin parcouru, de la force trouvée en moi. Et des personnes qui ont su m’accompagner avec bienveillance.

Si le chemin n’est pas encore terminé, je sais désormais une chose : je ne marche plus seule et surtout, j’ai enfin appris à m’écouter et, aujourd’hui, j’ai retrouvé quelque chose que j’avais presque perdu : l’espoir.

Karen, mars 2026

Lorsqu’elle s’est présentée au Centre de rééducation sensitive du corps humain (Fribourg, Suisse), nous avons pu mettre en évidence que cette patiente souffrait, entre autres, d’un SDRC de Budapest de la branche supérieure du nerf cutané latéral du « bras » droit (stade V de lésions axonales Aβ) associée à une grave allodynie mécanique.

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Time course of Disappearance of 1770 Static Mechanical Allodynia (SMA) [Nb 18]

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Laure Haggenjos, la 3e RSDC® / CSTP® de l’histoire part à la retraite !